Méthode
Du cadrage au pilotage, ce qui se passe et ce qui vous est remis
Six temps, toujours dans le même ordre. Chacun se termine par un document que vous recevez, et c’est lui qui ouvre le suivant.
- Le cadrage comprendre la situation réelle et écrire ce qui sera fait.
- L’affinage trancher les arbitrages ouverts et arrêter le périmètre.
- La surface dessiner et faire valider ce qui se verra, avant tout code.
- La construction écrire le code par lots livrés et vérifiables.
- L’intégration raccorder au reste, reprendre les données, mettre en ligne.
- L’ingestion le système entre dans vos usages, et la mesure commence.
L’ordre ne change pas. Un temps ne commence pas tant que le précédent n’a pas produit son document et que vous ne l’avez pas validé. Vous pouvez vous arrêter à la fin de n’importe lequel : ce qui a été livré reste chez vous, avec ce qui va avec.
Le cadrage
Ce qui se passe. Vous décrivez la situation d’aujourd’hui, puis viennent les questions qui dérangent : qui décide, quel est le processus réel, qu’est-ce qui devra être vrai pour que ce projet ait servi à quelque chose. Je regarde l’existant — site, outils, données, accès — et je note ce qui manque.
Ce qui vous est remis. Un dossier de cadrage : le besoin, les publics visés, les contraintes, le périmètre, ce qui n’en fait pas partie, les critères de réussite et l’ordre des travaux.
Ce qu’on attend de vous. Une personne qui décide, et du temps pour raconter le fonctionnement réel plutôt que celui du manuel.
On passe au suivant quand le dossier est relu, validé, et que le premier lot a un prix.
L’affinage
Ce qui se passe. Le cadrage laisse des questions ouvertes ; on les tranche une par une. Quelle option technique, quel budget pour quel gain, quel lot en premier, ce qui attend. C’est ici que l’arbitrage entre acheter un logiciel du marché et en construire un se conclut par écrit — y compris quand il conclut qu’il ne faut pas construire.
Ce qui vous est remis. Une note d’arbitrage : chaque question, l’option retenue, la raison, le coût.
Ce qu’on attend de vous. Des décisions. Un arbitrage repoussé revient plus cher au temps suivant, quand du travail aura déjà été fait dans une direction.
On passe au suivant quand plus aucune question ouverte ne bloque le premier lot.
La surface
Ce qui se passe. On dessine ce qui se verra : arborescence, pages, écrans, parcours. Selon le projet, ce sont des maquettes ou un prototype navigable. C’est aussi ici que se décident le nom de chaque page, la recherche à laquelle elle répond et le balisage qui la décrit aux moteurs — le référencement se joue à ce moment, pas après la mise en ligne.
Ce qui vous est remis. Les maquettes ou le prototype, l’arborescence et le plan de balisage.
Ce qu’on attend de vous. Des remarques franches, maintenant : un changement coûte ici une fraction de ce qu’il coûtera au temps suivant.
On passe au suivant quand la surface est validée. Ensuite vient la première ligne de code.
La construction
Ce qui se passe. J’écris le code, par lots à périmètre fixe. Chaque lot est mis en ligne sur un environnement que vous ouvrez quand vous voulez — pas une capture d’écran commentée, l’application elle-même. Chaque lot a ses critères d’acceptation, écrits avant qu’il commence.
Ce qui vous est remis. Le lot en ligne, sa note de recette, et l’accès au dépôt de code, à votre nom, avec son historique.
Ce qu’on attend de vous. Quelqu’un qui recette, c’est-à-dire qui vérifie que le lot fait ce qui était écrit. C’est la ressource la plus souvent oubliée : un projet s’arrête rarement faute de code, souvent faute de recette.
On passe au suivant quand chaque lot prévu est recetté et accepté, réserves levées ou reportées par écrit.
L’intégration
Ce qui se passe. Le système rejoint le reste : raccordement à vos logiciels, reprise de l’historique, migration à blanc puis migration réelle, mise en ligne avec plan de redirections s’il s’agit d’une refonte. Les comptes et les droits sont créés à votre nom, pas au mien.
Ce qui vous est remis. Le rapport de migration — volumes, écarts, rejets —, le plan de redirections et la documentation d’exploitation.
Ce qu’on attend de vous. Un référent technique pour les accès : domaine, hébergement, outils métier. Son absence est la première cause de dérive de planning, avant toute difficulté technique.
On passe au suivant quand le système est en production et que les volumes sont réconciliés.
L’ingestion
Ce qui se passe. Le système entre dans vos usages. Vos équipes s’en servent, les contenus et les données réelles l’alimentent, et la mesure commence : vitesse, accessibilité, positions, conversions, coûts, journal des erreurs selon le projet. Je corrige ce que l’usage réel fait apparaître et que rien ne pouvait montrer avant.
Ce qui vous est remis. Une session de prise en main, puis un rapport périodique : ce qui a bougé, ce qui n’a pas bougé, ce qui est proposé.
Ce qu’on attend de vous. Que vous disiez ce qui gêne. Un irritant tu devient un contournement, et un contournement finit en fichier parallèle.
Il n’y a pas de temps suivant : c’est le pilotage, et il dure aussi longtemps que vous le voulez.
Ce que vous récupérez si vous partez
Le nom de domaine est enregistré au nom de votre entreprise ; vous le transférez sans mon accord.
Le dépôt de code vous appartient, avec son historique. La cession des droits est écrite dans le devis, droit par droit : payer une prestation n’emporte pas cession, et l’article L131-3 du code de la propriété intellectuelle exige que chaque droit cédé soit mentionné distinctement et délimité.
Les données vous sont restituées dans un format exploitable, puis supprimées de mes environnements ; la documentation est chez vous depuis la livraison. Ces trois points s’écrivent au contrat, dans une clause de réversibilité qui fixe aussi les délais. Pour un système critique, un entiercement chez un tiers met le code sous séquestre.
Ce qu’on attend de vous
Un décideur unique. Quelqu’un qui tranche, et dont la décision n’est pas rediscutée trois semaines plus tard. Plusieurs avis, une seule signature.
Un fournisseur de contenus. Textes, photos, données, exemples réels : ce que personne d’extérieur ne peut inventer sans mentir. C’est le poste que les plannings sous-estiment le plus.
Un référent technique pour les accès. Domaine, hébergement, outils métier, comptes. C’est souvent une personne déjà occupée ailleurs, et il faut lui réserver du temps.
L’absence de l’un de ces trois rôles est la première cause de dérive de planning. Elle se corrige en une réunion au début du projet, et coûte des semaines quand elle se découvre au milieu.
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